Suite et fin de la traduction de l'émission BBC radio 2 du 14 février 2009 :
Daltrey: "I'm going home" fut enregsitré en 1961 dans les sudios d'Abbey road. Il n'y eut qu'une seule session d'enregistrement chez Capitol, l'année suivante. En fait, les années 60 ne furent pas en général, un bon moment pour Gene, ou pour sa musique. Il faisait des tournées avec différents groupes en Grande-Bretagne et en Europe, mais les Beatles et d'autre groupes comme les Who, les Kinks, et les Rolling stones avaient poussé vers la sortie, ce qui apparaissait maintenant comme une musique pop déjà dépassée.
Il fit effectivement quelques enregistrements chez Columbia, Dandelion, une jeune boite du moment, et Kama sutra, mais il ne faisait plus de hits.... Sa jambe allait de plus en plus mal, il avait de plus en plus mal, et buvait d'autant plus.
Il sortait des couteaux, se battait, sa relation avec Darlene prit fin, de même que son mariage. Sa fille Sherry se rappelle d'une seule et unique rencontre avec son père, 10 jours avant sa mort.
(Extrait de "Lookin' back")
Sherry: Ma mère m'a dit: "on va le voir ce soir". Alors de retour de l'école, j'ai mis mes beaux vêtements, on a appellé un taxi pour nous emmener de Cheesacake ou on vivait à cette époque, par la route jusqu'à lui; ce n'était pas très loin.
Il m' a demandé si je voulais marcher avec lui dans le jardin; c'était un jardin de roses, à l'hôtel; il me tenait par la main en se promenant, il me posait des questions sur l'école, mes amis, toutes ces choses, on a tout simplement bavardé. Il y avait un banc dans le jardin, on s'est assis dessus. Je me suis assise sur ses genoux. C'est à ce moment qu'il s'est excusé de ne pas avoir été le père qu'il aurait du être; il a dit qu'il pensait souvent à moi, et que ce serait différent à présent, qu'on allait rester en contact, qu'il allait m'emmener au Maroc, qu'il viendrait plus souvent en Angleterre, et on s'est mutuellement promis de renouveler cette relation père-fille.
Maintenant je me demande quand j'y pense, s'il savait qu'il était proche de sa mort. C'était les mots d'un homme qui était proche de sa fin. Vraiment quelqu'un qui était plein de regrets.
Daltrey: En 1960, la BBC fit un document sur Gene le suivant dans l'une de ses tournées britannique. Le groupe qui l'accompagnait était les Wild angels. Neil Grey était le choriste.
Grey: Il y a beaucoup de choses dans le film qui n'ont pas été montrées, pour des raisons différentes, certaines politiques d'autres parce que c'était assez violent en Backstage. Gene était tout le temps fauché. Ils ont montré Gene sur scène quelques fois. Ils l'ont montré avec ses problèmes, son manque d'argent; parfois on lui volait même ses sandwichs. Il y eut un incident à ce sujet, quand on a commencé à comprendre.
On était tous assis à table, avec Henry Hemroy qui était le manager de la tournée; Arden voulait parler de choses sérieuses, et on est monté à l'étage; pour une raison quelconque, tout en étant filmé, je laissai toujours Gene devant moi, c'est comme ça que je faisais; et à 3 ou 4 pas de la table, Henry se retourna vers Gene et lui dit:" Gene prends la bouteille et amènes la que je la monte à l'étage". Et vous aviez Gene, marchant vers la table sur le bateau, le ferry, pour récupérer la bouteille de vin à moitié vide et l'amener à l'étage, le tout étant filmé.
Le message a fini par être compris des gens à qui on avait envoyé ça, alors que moi, j'en étais inconscient à l'époque pour une raison, ou une autre.
Daltrey: Certains des derniers enregistrements de Gene, juste avant sa disparition le 12 octobre 1971 furent produits par le rocker Ronnie Weiser. Il dut pister Gene pour le retrouver.
Weiser: j'ai rencontré à Emron records shop, le proprio, Many Emron et je lui ai demandé :"sais tu ce qu'il est advenu de ce gars, Gene Vincent?
As tu des disques de Gene Vincent?". Personne ne savait rien de lui; Alors Manny m' a dit:"Ecoutes, Gene Vincent vit ici à Hollywood". Quand je suis rentré à la maison, j'ai essayé d'avoir des infos en appelant les renseignements téléphoniques sur Gene Vincent, mais sans succès. Alors j'ai essayé avec Eugene Craddock, et incroyablement Gene Vincent vivait sur Fuller avenue, qui était à 4 ou 5 pâtés de maisons de chez moi.
Je me suis dit mon Dieu!!! il faut que je le vois, que je le rencontre!!! J'ai conduit jusque là, et j'ai vu un petit cabriolet rouge conduit par quelqu'un qui m'était familier. Je voyais ses cheveux bouclés et gominés dans le vent. Il a garé sa voiture, j'ai garé la mienne, et j'ai dit:" Gene, mon nom est Ronnie Weiser, du Hollywood Rock'n'Roll fan club; puis je te poser quelques questions?" Il était très amical, et m' a dit :"oui, viens par là". Alors on est monté, là ou il habitait, et il a commencé à m'offrir des tas de choses, des sandwichs, des sodas, du coca, des cookies, des chips, et m'a demandé dans quelle classe j'étais à UCLA etc... J'ai pensé:"Mon Dieu!!! Voilà une légende du Rock'n'Roll, un extraordinaire chanteur, Gene Vincent, en personne, et ce gars me pose des questions, on dirait la 4ème dimension!!!
Il sortait des disques chez Kama sutra et différents labels, qui étaient tout à fait bons, mais quelque chose manquait; l'âme soul originelle, le son Capitol, exactement comme Little Richard chez Specialty; tu ne peux pas atteindre ça; quand il est parti chez VG records, plus tard, ce n'était plus la même chose.
Alors j'ai demandé à Gene s'il accepterait d'enregistrer quelques chansons pour les fans. Il a dit ok; il est venu, c'était une petite chambre à coucher qu'on se partageait mon frère et moi. Il y avait un petit bureau face à la fenêtre, un magnétophone à cassette Akaï, à 145 ou 148 dollars, et un micro à 10 dollars sur le bureau. Gene était là avec sa guitare sèche; il a choisi de chanter "The rose of love", la chanson de Little Rcihard "hey, hey, hey", celle de Sam Cook "Bring it on home to me", et "Party doll" de Buddy Knox.
(Extrait de "Party doll")
Daltrey: Certains peuvent dire que la carrière de Gene s'est terminée quand il franchi l'atlantique; effectivement il avait été largement oublié dans son pays d'origine, même s'il continua encore 10 ans de plus. Mais l'héritage de Gene est plus grand que cela. Ce fut l'un des premiers de la scène Rcok. John Densmore, l'ancien batteur des Doors.
Densmore: Il fut l'un des premiers rockers des années 50, avec d'autres gars du "hall" comme Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, qui plantèrent les graines de cette musique diabolique, qui continue encore aujourd'hui, et qui semble ne pas devoir s'arrêter.
L'image de Gene influença tant de nous dans les années 60 et elle continue de vivre dans la musique. Pour John Lennon, les echos en fond sonore entendus sur des chansons de Gene, et ce sale look, basé sur le cuir noir comme Gene furent aussi une partie de son adolescance.
x: L'influence sur John Lennon va des Beatles jusqu'aux derniers albums solo de Lennon, quand il chante "Star and over", c'est le style de Gene Vincent. C'est exactement Gene Vincent sur "Star and over". Spencer Davis.
Davis: Quand vous regardez Gene Vincent, vous remarquez qu'il a influencé chaque teddy boy de Grande-Bretagne. Il était leur inspiration; si vous regardez les premières coupes de cheveux de Georges Harrisson et de John Lennon, ça ressemblait plus à Gene Vincent, qu'à Elvis Presley. Cette façon de faire qui était à des années lumière de Mat Monroe; c'était sauvage, sa façon d'utiliser le micro influença même Rod Stewart et Robert Plant. Robert Plant utilisait le micro comme ça, en le faisant tourner. Jerry Lee Lewis.
Jerry Lee: Il avait une jambe abimée, qu'il balançait au-dessus du micro. Il était sauvage. Son jeu de scène, je n'ai jamais rien vu de pareil. Il était incroyable!!
Daltrey: La foule du Rockabilly acclamait Gene comme son héros. Lee Rocker, des Stray cats.
Lee Rocker: Il se peut que cette génération se souvienne des Sex pistols, or voilà ce qu'était Gene Vincent à l'époque; de l'énergie pure, de la passion, et cette sensation incroyable de briser le moule de tout ce qui avait existé jusque là.
Le Rockabilly en général et Gene Vincent en particulier, c'est l'origine exact du Punk Rock; un mélange surdosé de ce qui était déjà né avant: Rythm'n'blues, Hillbilly, toutes ces choses lancées alors. La différence entre la musique Punk et le Rockabilly est que vous aviez de vrais musiciens et chanteurs au travail. Ce n'était pas juste une explosion d'énergie; c'était ça, mais il y avait aussi un vrai background composé de musiciens.
Daltrey: Ce n'était probablement pas un homme facile à aimer, mais sa soeur Tina, savait combien il était torturé.
Tina: Je dirais, que c'était sans doute le père, le frère, le fils le plus malheureux, de tous les gens, homme ou femme, que j'ai connu. Il avait une âme torturée mais il était magnifique. Il pouvait te faire rire si facilement (pleurs).....
Il pouvait ouvrir sa voix et chanter, et te faire ressentir comme ..... Un instant je suis.... Il était extraordianire.
(Extrait de "Teardrops")
Roger Daltrey: Au revoir.
Jerry Lee Lewis: Ca se passe bien et je fais en sorte que ça continue.
Daltrey: Race with the devil, l'histoire de Gene Vincent, fut produite par Neil Russer, et le correspondant à Hollywood était Barbara Paskin. Production pour la BBC Radio 2.
Fin de la traduction.
A bientot
jimmy